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2 décembre 2016    

Revendications financières du communautaire : Un renvoi vers la charité?

Par Sébastien Rivard, coordonnateur du RIOCM

Au lendemain de l’une des plus importantes campagnes de mobilisation du mouvement communautaire autonome, les 4000 organismes attendent maintenant une réponse du gouvernement à leurs revendications justes et légitimes. Mais quelle devrait être la contribution de l’État au financement des organismes?  La ministre responsable des services sociaux, Lucie Charlebois s’exprimait ainsi au micro de Radio-Canada Estrie le 8 novembre dernier : « Les organismes communautaires émanent de la communauté. Or, si les organismes communautaires peinent à avoir du financement dans leur propre communauté. Ça veut dire que la communauté n’est pas derrière eux. Je me pose de sérieuses questions[1] »

Cette réponse est très choquante pour les organismes, non parce qu’elle est dénuée de fondements, mais parce qu’elle provient d’une représentante du gouvernement. C’est un manque de reconnaissance flagrant pour toute la contribution des communautés qui font déjà le maximum pour pallier au démantèlement des services publics par ce même gouvernement et aussi le soutien des personnes appauvries et exclues. Les organismes communautaires en santé et services sociaux ne reçoivent en moyenne que 47% de leur budget de l’État et doivent faire des pieds et des mains pour joindre les deux bouts, et cela sans compter sur la quantité de travail réalisé par des bénévoles ou encore des employé-es mal payé-es. Le renvoi vers la charité pour combler les besoins des organismes est une négation du rôle de l’État dans le soutien de la population.

Malheureusement, même dans les établissements publics, le gouvernement encourage le recours à la philanthropie: le nombre et l’importance des fondations des établissements de santé et dans le réseau de l’éducation en est une preuve éloquente. Le ministre Blais, responsable de la solidarité sociale, laissait également entendre récemment que les organismes communautaires pourraient recevoir des réponses à leurs demandes dans le cadre du futur Plan de lutte à la pauvreté, attendu à l’hiver 2017. Mais si l’on observe les politiques récentes dans ce domaine, on semble vouloir encore une fois renvoyer aux communautés locales et à la philanthropie la responsabilité de faire reculer la pauvreté. À Montréal, comme dans plusieurs autres régions du Québec, les politiques de développement social font de plus en plus de place à l’industrie philanthropique plutôt qu’à une bonification des politiques nationales comme l’aide sociale, les crédits d’impôts ou le logement social. Les organismes communautaires pourront-ils continuer longtemps de pallier à l’inaction gouvernementale? Poser la question c’est y répondre.

Il semble maintenant clair que nous devrons poursuivre notre lutte pour revendiquer un retour des politiques publiques et la fin de l’austérité. Sans un réinvestissement massif en santé et services sociaux, en éducation et dans la lutte à la pauvreté, la situation des organismes communautaires continuera de se détériorer. La bonne nouvelle c’est que l’ensemble des sociétés occidentales semblent faire le constat de l’échec des politiques économiques néolibérales. Il semble que notre gouvernement québécois soit en retard sur les nouvelles : espérons qu’il se rattrapera dans le prochain budget sinon il nous faudra redoubler d’ardeur pour le remplacer!

[1] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/813459/mobilisation-greve-organismes-communautaires-ministre-charlebois-sante-publique

 

Conception: Coopérative Molotov