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31 mai 2016    

Qui a peur du développement social?

123rf/lightwise

Par Bruno Laprade, agent de communication et de liaison

Montréal s’apprête à travailler sur sa deuxième politique de développement social (DS). Le Forum régional sur le développement social de l’Île de Montréal (FRDSIM) lance, quant à lui, deux chantiers pour communiquer et documenter le développement social dans la région. Plusieurs quartiers à Montréal ont également leur propre table en DS, en plus des tables de quartier ou des corporations de développement communautaire. Mais qu’est-ce que ce terme à la mode? Parfois, celui-ci se confond avec d’autres : quelle différence entre le développement social, le développement des communautés ou les approches territoriales intégrées, parfois aussi appelées revitalisation urbaine intégrée? Voici quelques réflexions pour y voir plus clair.

Le développement social, ça vient d’où?                         

Au Québec, la plupart des démarches régionales en développement social se sont mises en place après le Forum sur le développement social de 1998, organisé par la Conseil de la santé et du bien-être. Dans une première vague de désengagement de l’État et de crise des finances publiques, il s’agissait d’interpeller d’autres secteurs de la société dans le but d’agir sur les déterminants sociaux de la santé. Le Réseau québécois de développement social (RQDS) fut ainsi créé en 2004 pour soutenir les actions régionales et poursuivre la promotion du DS.

La même année, avec le premier plan de lutte à la pauvreté, des fonds ont été débloquésafin de mettre en place les approches territoriales intégrées (ATI), soit des approches intersectorielles de lutte à la pauvreté. Dans la plupart des régions, les fonds passaient alors par les conférences régionales des élus et ses tables de développement social. L’abolition des CRÉ en 2015 est donc venue forcer un remaniement des instances de concertations régionales.[1]

Le développement social, c’est quoi?

À Montréal, le FRDSIM s’est inspiré de la définition du Conseil de la santé et du bien-être pour proposer cette vision du développement social :

« Le développement social fait référence à la mise en place et au renforcement des conditions requises pour permettre, d’une part, à chaque individu de développer pleinement ses potentiels, de pouvoir participer activement à la vie sociale et de pouvoir tirer sa juste part de l’enrichissement collectif, et, d’autre part, à la collectivité de progresser socialement, culturellement et économiquement dans un contexte où le développement économique s’oriente vers un développement durable, soucieux de la justice sociale. »

Le DS se démarque par ses concertations multiréseaux, alliant à la fois des représentants des villes, des institutions publiques, comme des directions régionales de santé publique ou des CIUSSS, des syndicats, des fondations, des groupes communautaires, des entreprises privées et parfois, des citoyens. L’accent est mis sur les problèmes locaux, en misant sur l’union des forces présentes dans le milieu. Le DS refuse ainsi de s’appuyer uniquement sur l’État pour régler certains enjeux sociaux. Malgré tout, le RQDS considère que les politiques de DS doivent être appuyées par « des politiques nationales qui garantissent un filet de protection sociale adéquat et qui favorise la cohésion sociale ».[2]

Le développement social et l’action communautaire, quels enjeux?          

Sortie en 2001, la Politique de reconnaissance de l’action communautaire (PRAC) considère dans ses fondements que l’action communautaire est un outil important de développement social au Québec. Cela semble une évidence puisque les bases de l’ACA comprennent la participation citoyenne et la transformation sociale. Cependant, une note à la définition du DS du Forum régional de développement social de l’Île de Montréal nous rappelle que : « le développement social et le développement communautaire sont considérés comme deux choses différentes; le développement communautaire (ou l’action communautaire) étant un moyen de contribuer au développement social des individus et des collectivités. »

Ainsi, même si à première vue le développement social cherche à regrouper les différents acteurs d’une région ou d’un quartier pour le bien de la collectivité, certaines tensions peuvent apparaître. Les concertations en DS ont tendance à minimiser l’impact réel des rapports de pouvoir (et les disparités au niveau des ressources) entre les acteurs lorsque vient le temps d’établir les priorités du milieu. Les acteurs n’ont d’ailleurs pas toujours la même conception du développement social, celui-ci pouvant autant comprendre des démarches de lutte à la pauvreté que le verdissement de ruelles et de parcs. De plus, la place des organismes communautaires et des citoyen-ne-s n’y est pas toujours garantie. La place grandissante faite aux fondations privées et aux entreprises, de même que la proximité des bailleurs de fonds, soulève des enjeux d’ingérence face à l’autonomie des groupes à déterminer leurs priorités et leurs approches.

Les valeurs du développement social se rapprochent souvent de celles du milieu communautaire, cependant, la façon dont cela se met en place en appelle, tout de même, à une certaine vigilance pour que les démarches se fassent de manière véritablement démocratique.


[1] Pour un portrait du remaniement du développement social après l’abolition des CRÉ, voir le rapport du CRCOC, disponible au : http://api.ning.com/files/PFt8hYehZ86fB8PfgggrcuKMGaLXeMhkGtwn5NFHOFyNuymvMVME8Obqm8fFLTWbVU0r5nFJXt8apCvi9keuvUZpnDKBb*Rs/1601Laconcertationrgionaleendveloppementsocial.pdf

[2] Plateforme du RQDS, disponible au :  http://api.ning.com/files/IJeLHwAUIk*mzAWkTZlTS7xloMCAWBBQ6MRC07Z8gQmBdYgzgRARu8An9kEYNm95VY3NtpJQ*M2ERGcNWUZpBQ3liu8mRjGw/RQDSPlateformenationale.FEV.2013.pdf

Conception: Coopérative Molotov