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13 février 2017    

L’apport des organismes communautaires à l’accueil des nouveaux Syriens – Rencontre avec le CARI St-Laurent

Par Bruno Laprade, agent de communication et de liaison – RIOCM

La guerre civile syrienne force un des plus gros déplacements de population des dernières décennies. Plus de 4 millions de réfugié.e.s se sont enfui.e.s de leur pays vers les zones limitrophes ou vers l’Europe. Face à cette crise, le Canada a décidé d’accueillir 25 000 Syrien.ne.s. De ce nombre, le Québec en avait reçu 7 431 personnes au 31 décembre 2016[1].  La plupart de ces réfugié.e.s ont été accueilli.e.s grâce au parrainage collectif. Pour mieux comprendre la situation, le RIOCM est allé s’entretenir avec le CARI St-Laurent afin de voir comment les organismes communautaires sont mis à contribution pour permettre aux nouveaux arrivant.e.s de se rebâtir un chez-soi.

Comprendre le parrainage

Il existe deux types de parrainage : public et privé. Le parrainage privé comprend à la fois les démarches des organismes communautaires, celles des églises que celles des groupes d’individus qui s’unissent[2] ou des familles qui font venir des proches. Les parrains sont responsables des nouveaux arrivants pour un an, c’est-à-dire que les réfugié.e.s n’ont pas droit à l’aide sociale ou autre aide de l’État lors de leur arrivée. Les parrains doivent ainsi fournir des revenus aux parrainé.e.s et ils sont généralement ceux qui trouvent un logement transitoire. Dans le parrainage public, c’est l’État qui fournit les revenus pendant un an, et des partenariats sont faits avec des organismes pour aider à trouver un logement. Pour un exemple de la différence entre les deux parrainages, il est possible de lire le reportage de Radio-Canada de novembre 2016.

Selon le CARI St-Laurent, une bonne portion des premières vagues des réfugié.e.s syrien.ne.s provient de parrainages privés effectués par des églises chrétiennes. La plupart de ces personnes s’étaient installées dans des zones limitrophes et n’ont donc pas vécu les camps de réfugié.e.s dont nous parlent les médias et où s’entassent des milliers de personnes. Le Québec a cependant suspendu temporairement le parrainage collectif depuis le 27 janvier, ce qui fait que la deuxième vague de syrien.ne.s, provenant du parrainage public, aura sans doute une composition différente. De même, on manque encore de recul pour voir quelle est la situation des Syrien.ne.s au Québec une fois leur année de parrainage terminée, au moment où ils et elles doivent se débrouiller par eux-mêmes.
Le parcours des Syrien.ne.s et le programme Syrien averti

La plupart des réfugié.e.s partent en laissant tout derrière eux et doivent faire une sorte de deuil de leur pays et de leur vie. Puisque plusieurs ne parlent ni le français ni l’anglais, le gouvernement leur propose des cours de francisation. Les personnes doivent s’inscrire auprès du ministère qui envoie les demandes dans les organismes. Cependant, entre l’arrivée, l’inscription et le placement dans un cours de francisation, il peut se passer plusieurs mois où les personnes se retrouvent seules. C’est pourquoi le CARI St-Laurent a mis en place le Projet réfugiés Syriens Avertis grâce à l’aide de la Ville de Montréal.

Le projet permet de découvrir le pays d’accueil en groupe, brisant à la fois l’isolement et permettant de transmettre de l’information dans leur langue sur les façons de faire d’ici. Les rencontres permettent de parler du système de santé et de celui de l’éducation, des façons de trouver un logement, des loisirs potentiels, des aliments habituels qu’on retrouve au Québec, etc.  Des sorties sont parfois également organisées parce que la vie, c’est aussi trouver des moments de détentes au-delà du stress quotidien. Un premier groupe a eu lieu sur une dizaine de semaines à l’automne. Les participant.es se sont même dotés d’un nom, soit celui de « Foyer de la famille heureuse ». Un deuxième groupe devrait partir au printemps, après que l’organisme ait eu le temps de faire son bilan.

Le CARI St-Laurent est également en train de mettre en place un projet de jumelages de familles, afin d’approfondir les partages entre les Québécois et les Syriens. Si cela vous intéresse, visitez leur page au : http://cari.qc.ca/cari2/jumelage-interculturel-quebecois-syrien/

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Le Centre d’accueil et de référence sociale et économique pour immigrants de St-Laurent (CARI St-Laurent) existe depuis 1989. Il offre des services d’accueil, d’accompagnement, de francisation et d’éducation populaire pour aider à l’intégration des personnes migrantes et de leurs familles. http://cari.qc.ca

[1] http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/informations/accueil-refugies-syriens/

[2] http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/parrainer/

Conception: Coopérative Molotov