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22 octobre 2014    

Un grand bond…en arrière!

Par Sébastien Rivard, coordonnateur

Vous rappelez-vous le bon vieux temps? Avant les années 1970, alors que l’État était tout petit et que l’éducation, la santé et les services sociaux relevaient des communautés religieuses, du privé ou de la charité.  Il est clair que l’actuel gouvernement du Québec est un grand nostalgique de cette époque.

Depuis l’annonce de la commission de révision permanente des programmes et de la commission d’examen sur la fiscalité québécoise, chaque jour qui passe apporte son lot d’annonces de coupes en tous genres : aide sociale, élèves en difficulté, RQAP, CPE, déficience intellectuelle, infirmières… Le Québec aurait des programmes sociaux trop généreux, nous entraînant dans une situation budgétaire qui bloque l’avenir de nos enfants? Selon Philippe Couillard, sans une « quatrième révolution »[1] nous serions voués à la banqueroute.

Mais qui donc s’occupera de ces programmes sociaux? Même si ce n’est pas encore clairement énoncé par le gouvernement, nous entrevoyons que ces missions « non-essentielles » de l’État pourraient être sorties du périmètre des services gouvernementaux pour être remis à des acteurs privés ou philanthropiques : entrepreneurs, fondations ou organismes communautaires.

Ce processus est commencé depuis quelques années,  avec la mise en place de partenariats publics privés sociaux avec la fondation Chagnon ou l’annonce récente d’un investissement de 60 millions de dollars dans la pédiatrie sociale. Certains établissements de santé recourent également aux organismes communautaires pour prendre le relais de services dont ils se départissent, notamment en déficience intellectuelle et dans les services à domicile pour les personnes âgées. L’ensemble de ces nouveaux services issus de partenariats pourraient, à terme remplacer les services sociaux publics, qui risquent de se réduire comme peau de chagrin avec la création des CISSS[2], ces méga établissements hospitalo-centristes.

Pour les services médicaux, la sortie récente du groupe Jean-Coutu qui souhaite se positionner comme gestionnaire des 50 supercliniques[3] proposées en campagne électorale par Gaétan Barette n’a rien de rassurant. La proximité du secteur pharmaceutique est les coûts exorbitants des médicaments au Québec est un des plus grands problèmes de notre système de santé.

Le Québec s’est construit une société plus égalitaire à force de luttes et de combats sociaux. Le déséquilibre fiscal dont on se sert pour justifier l’austérité est le résultat de choix politiques qui ont provoqué une concentration sans précédent des richesses dans les mains d’une poignée de mieux nantis, au détriment de l’ensemble de la société. Un vent de révolte se lève actuellement au Québec pour refuser ce programme politique. La campagne 10 milliards de solutions[4] de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics est la voie à suivre. Les organismes communautaires font partie de ce grand mouvement!

 

Notes

[1]The Fourth Revolution – The Global Race to Reinvent the State (Penguin Press, 305 pages), écrit par deux des patrons de la revue The Economist, John Micklethwait et Adrian Wooldridge.

[2] Centres intégrés de santé et de services sociaux

[3] http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201409/28/01-4804299-jean-coutu-veut-obtenir-la-responsabilite-des-supercliniques.php

[4] http://www.nonauxhausses.org/outils/alternatives-fiscales-justes-et-equitables-pour-les-finances-publiques/

Conception: Coopérative Molotov