logo




Facebook

2 days ago

RIOCM

Les annonces de la semaine du RIOCM - 16 mai - mailchi.mp/riocm/annonces20182019-1004555 ... See MoreSee Less

View on Facebook

.

Les annonces de la semaine du RIOCM - 16 mai - https://t.co/D1LjRO995O

Les annonces de la semaine du RIOCM - 9 mai - https://t.co/w28oiSPRRe

Les annonces de la semaine du RIOCM - 2 mai - https://t.co/wJnaverUXt

Load More...

logo
18 décembre 2014    

Pour nos enfants

Sébastien Rivard, coordonnateur

Selon un récent sondage[1] publié dans Le Devoir, la population du Québec serait très insatisfaite du gouvernement libéral, mais appuierait majoritairement les mesures décrétées, en particulier la modulation des tarifs de CPE, les fusions de commissions scolaires et les compressions dans les salaires des employé-e-s de l’État et leurs régimes de retraite. Un paradoxe? Peut-être pas.

Depuis trop longtemps, on martèle que les employés de l’État sont trop payés, qu’il y a trop de bureaucratie et que l’universalité dans la santé et les garderies est inéquitable à cause du manque d’accès. Selon Philippe Couillard, l’universalité n’est plus synonyme de gratuité, mais d’accès à un coût raisonnable. L’austérité n’existerait pas, mais il s’agirait bien de rigueur, celle du bon père de famille qui doit parfois dire non aux caprices de ses enfants. C’est donc pour nos enfants que le gouvernement fait toutes ces compressions, pour protéger leur avenir?

Cette idée de comparer la société avec une famille et le budget du Québec avec celle des dépenses d’épicerie est symboliquement très puissante car elle fait appel à des archétypes inconscients présents en chacun de nous. L’appel à l’autorité paternelle bienveillante renvoie ceux qui contestent au statut d’enfants gâtés ou de délinquants, comme nous l’avons constaté lors du grand mouvement étudiant de 2012, où les médias analysaient souvent la forme de la contestation, au lieu d’en apprécier le contenu politique.

Dans les discours, les solutions collectives aux problèmes économiques et sociaux sont présentées comme passéistes et utopiques, alors que celles faisant appel à l’individualisme sont perçues comme innovantes et progressistes. Tous les grands systèmes sociaux qui ont permis l’avancement du plus grand nombre sont graduellement mis au rancart pour des mesures à la carte, où chacun paie ces services selon ses moyens.

Pourtant, on peut légitimement se questionner sur le monde réel dans lequel vivront nos enfants sous un tel régime. Une société où la réussite individuelle sera glorifiée, mais sans filet social. Une société où les gens ne voudront plus partager leur revenu à travers l’impôt, car ils devront acheter tous leurs services.

Toutes les luttes que nous menons actuellement sont vouées à la défense d’une société plus égalitaire, où la richesse des uns sert à améliorer le sort des autres. Que ce soit le maintien des frais de scolarité abordables, les garderies à 7 $ ou encore un meilleur soutien aux organismes communautaires. Nous voulons une société où la réussite ne dépend pas seulement de nos capacités individuelles. Que voulons-nous vraiment pour nos enfants?

 [1] http://www.ledevoir.com/politique/quebec/426676/sondage-leger-la-grogne-augmente-envers-les-liberaux

Conception: Coopérative Molotov