logo




Facebook

5 days ago

RIOCM

Les annonces de la semaine du RIOCM - 10 janvier 2019 - mailchi.mp/riocm/annonces20182019-1004415 ... See MoreSee Less

View on Facebook

.

Les annonces de la semaine du RIOCM - 10 janvier 2019 - https://t.co/gntRPTjlPa

Appel de projet : Programme de soutien aux actions favorisant les saines habitudes de vie chez les aînés - https://t.co/oR65K4CpvK

Info-mobilisation : ce qui se passe après les Fêtes avec Engagez-vous - https://t.co/kXtoz2G8pE

Load More...

logo
1 juin 2016    

Éditorial – syndiquer le milieu communautaire : une avenue pour un meilleur financement des groupes?

Par Sébastien Rivard, coordonnateur

La syndicalisation des organismes communautaires a été évoquée à quelques reprises dans l’histoire de notre mouvement, mais n’a jamais pris beaucoup d’ampleur. Dans le secteur de la santé et des services sociaux, il y aurait environ une centaine d’organismes syndiqués au Québec, soit environ 3 %. Nous souhaitons aujourd’hui rediscuter de cette idée en posant la question suivante : la syndicalisation est-elle une avenue intéressante pour développer un meilleur rapport de force du communautaire face au gouvernement?

Après des années, voire des décennies, de lutte pour une meilleure reconnaissance et un soutien financier adéquat, le mouvement communautaire semble être dans une impasse. Malgré de nombreuses campagnes promotionnelles, des mobilisations sans précédent et même des journées de fermeture, le gouvernement refuse toujours de reconnaître les seuils minimaux de financement revendiqués, ce qui laisse les membres ainsi que les travailleuses et travailleurs des organismes dans des conditions précaires.

Comme mouvement communautaire, notre capacité d’obtenir une amélioration significative du financement a toujours été tributaire de notre pouvoir d’influence sur les politiques publiques par des stratégies allant de la sensibilisation des élu-e-s et de la population à la mobilisation de masse. Ces stratégies nous ont permis d’obtenir des comités de travail et des rencontres politiques ainsi que certaines avancées parcellaires. Toutefois, nous n’avons jamais réussi à obtenir une véritable table de négociation sur les conditions de financement de l’ensemble des organismes, dans une perspective d’équité.

Pour obtenir un meilleur rapport de force par la syndicalisation, il faudrait envisager une opération massive d’adhésion du mouvement, car syndiquer les organismes un par un ne permettrait en rien de forcer le gouvernement à négocier collectivement. À ce titre, nous pourrions nous inspirer des récentes expériences de syndicalisation dans les CPE et dans les familles d’accueil en déficience physique et intellectuelle. Dans les deux cas, il s’agit de formules de syndicalisation multi employeurs pour des organisations similaires entretenant des relations avec l’État. Dans le mouvement communautaire, cela pourrait se traduire par la syndicalisation d’organismes par secteur d’activité : organismes en prévention des ITSS, déficience physique, personnes âgées, femmes, etc. Une confédération pourrait réunir l’ensemble des fédérations sectorielles, ouvrant du même coup un espace de négociation collective des conditions de financement avec les ministères et même le Conseil du trésor.

De plus, il nous semble qu’il faut réfléchir à une formule de syndicalisation qui n’oppose pas les travailleuses et travailleurs des organismes à leur conseil d’administration. À notre avis, les intérêts des organismes vont de pair avec ceux de leurs employées dans la plupart des cas. Les organismes avec toutes leurs composantes devraient faire partie d’une telle stratégie, avec leurs membres, leurs conseils d’administration et leurs employé-e-s.

À l’heure où les politiques néolibérales provoquent un transfert de plusieurs services publics vers les organismes communautaires, l’économie sociale et voire même le privé, il nous faut réfléchir ensemble à de nouvelles avenues pour forcer le gouvernement à négocier avec l’ensemble du mouvement. Si on essaie de nous faire croire que les lois du marché doivent s’appliquer à chacun des organismes pour négocier ses subventions (à la baisse), nous devons répondre qu’il n’est pas question d’accepter cette politique de compétition dans le communautaire. La syndicalisation est une voie qui a été trop peu explorée et qui mériterait qu’on s’y attarde. Êtes-vous prêt-e-s à l’envisager?

Conception: Coopérative Molotov