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13 mai 2015    

Éditorial : Les organismes communautaires, un pansement sur les blessures de l’austérité?

éditorial bulletin riocm mai 2015 crédit photo Luis Carceller 123rf

Par Sébastien Rivard, coordonnateur

Dans ce monde de discorde qu’est la scène politique québécoise, il y a bien une chose sur laquelle tous les ministres du gouvernement Couillard s’entendent, c’est le respect de leur ligne de communication : « Aucun des services à la population ne sera touché. Les coupes ne sont qu’administratives ».

Pourtant, la liste des personnes touchées par les différentes mesures de rigueur ne cesse de s’allonger, et ce, dans toutes les missions et tous les services de l’État : aide alimentaire dans les commissions scolaires, organismes d’intervention en dépendance, logement social, santé mentale, services aux personnes âgées et aux personnes handicapées. etc.

Nous ne croyons plus à la version du gouvernement depuis longtemps.

À la veille des états généraux du mouvement communautaire autonome, organisés par la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires (CTROC), les organismes communautaires devront se questionner sur leur avenir et se demander le rôle qu’ils veulent jouer dans ce contexte. Ceux-ci étant « génétiquement conçus » pour aider, ils ont tendance à développer toutes sortes de stratégies pour continuer leur travail, malgré les coupes et leur sous-financement. Mais peuvent-ils tenir le coup bien longtemps lorsque les services publics eux-mêmes sont touchés?

Dans le domaine des services d’aide à domicile, ça fait bientôt 20 ans que les entreprises d’économie sociale se sont développées en contexte de désengagement des services publics, et cette tendance semble maintenant vouloir s’accélérer. Quel a été le bilan de cette expérience pour les usagers et usagères des services et les travailleurs et travailleuses de ces organisations? Assez mitigé : davantage de coûts assumés par les patients pour des services auparavant gratuits et des employé-e-s des entreprises d’économie sociale sous-payé-e-s et mal formé-e-s.

Les organismes communautaires jouent déjà le rôle d’une soupape pour des milliers de personnes au Québec, en leur apportant de l’aide et du soutien, leur permettant souvent d’éviter de sombrer dans la précarité. Mais la véritable justice sociale ne peut être atteinte que par des programmes sociaux que seul l’État a les moyens de mettre en œuvre, pourvu qu’il en ait la volonté politique. De nombreux observateurs et observatrices confirment que les écarts de richesse se creusent au Québec et que cela aura des effets sur la santé de la population. Les mesures d’austérité ont un coût… humain.

Mais que faire alors dans un contexte où on sent que l’avenir politique est bloqué et lorsqu’on est de plus en plus épuisé-e? À mon avis, il faut tout d’abord arrêter la machine! Chacun des organismes doit prendre le temps de rassembler ses membres et la communauté d’où ils sont nés pour évaluer comment faire face à la situation. Se redonner le temps de discuter ensemble c’est aussi se redonner du pouvoir sur la situation. Si nous avons été capables de réaliser partout à Montréal des mobilisations incroyables pour le 1er mai, nous serons capables d’encore mieux l’automne prochain où les organismes communautaires sont appelés à être encore plus déterminés et créatifs que jamais.

Conception: Coopérative Molotov