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14 avril 2016    

Éditorial : Des Panama Papers au communautaire

Par Sébastien Rivard, coordonnateur

Le débat sur l’évasion fiscale fait rage au Québec et dans le monde. Il était temps! Le scandale des Panama Papers nous révèle à quel point il est révoltant que des centaines de millions de dollars échappent au trésor public alors que les gouvernements imposent des mesures d’austérité draconiennes qui nuisent à une majorité de la population.

Mais quel est le lien entre l’évasion fiscale et les organismes communautaires? Le dernier budget du Québec nous démontre à quel point ces deux dossiers sont liés. Pour écrire son budget à l’encre noire, le gouvernement choisit à nouveau de travailler sur la colonne des dépenses plutôt que sur la colonne des revenus : des compressions sont imposées en santé et services sociaux, en éducation et les budgets du communautaire continuent d’être gelés. Il semble beaucoup plus facile de s’attaquer aux services à la population que de prendre des mesures sérieuses pour s’attaquer à l’évasion fiscale.

Le gouvernement justifie son inaction par le caractère mondial du phénomène et la difficulté d’agir nationalement pour le contrer. Pourtant, tel que le rappelait récemment le philosophe Alain Deneault sur les ondes de Radio-Canada, il n’y a aucune contradiction entre les mesures qui peuvent être prises au plan national et les actions transnationales. Aux États-Unis, le gouvernement a adopté de nombreuses règles forçant la divulgation des informations bancaires concernant les comptes dans les paradis fiscaux et une loi interdisant aux compagnies de déplacer leurs sièges sociaux pour des raisons d’économies fiscales. Au lieu d’agir en ce sens, le Canada et le Québec ont plutôt choisi d’adopter des règles s’apparentant à celles pratiquées dans les juridictions de complaisance.

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics rappelle depuis des années qu’il y aurait 10 milliards $ de solutions fiscales pour le Québec, qui permettraient de freiner la spirale descendante de l’austérité. Pour arriver à forcer le gouvernement à mettre en œuvre ces solutions, il faudra une pression populaire importante. Le mouvement communautaire a toute la légitimité pour exiger des changements politiques : la fin de l’évasion fiscale, la mise en œuvre de solutions fiscales progressistes et le réinvestissement dans nos services publics et le communautaire.

La mobilisation du 29 avril de la Coalition Main Rouge, la marche du 1er mai et le rassemblement du 18 mai à Montréal, organisé par le RIOCM, sont nos prochains rendez-vous. Alors qu’en Islande des mobilisations ont forcé la démission du premier ministre qui a s’est adonné à l’évasion fiscale, nous devons tout mettre en œuvre forcer le gouvernement du Québec à changer ses politiques ou à céder sa place.

Crédit photo : Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics – action du 31 mars 2016 contre les paradis fiscaux.

Conception: Coopérative Molotov